Fawzia
Assaad, née
Mikhaïl, au Caire , vit à Genève. Ses romans décrivent la
complexité de la société égyptienne. A travers les coutumes, les
croyances, les superstitions, l' humour, la politique, elle découvre
les subtiles relations qui se tissent entre musulmans et coptes chrétiens
et la continuité d'une identité égyptienne qui se perpétue de
l'antiquité ànos jours.
Fawzia Assaad n'est
romancière que depuis 1975. Docteur ès-Lettres, elle a fait ses études
à Paris, en Sorbonne, et enseigné la philosophie au Caire, à
l'Université de 'Aïn Shams. Elle a démissionné de son poste pour
suivre son époux, le Docteur Fakhry Assaad, médecin à
L'Organisation Mondiale de la Santé, dans ses déplacements. Mère de
deux filles et d'un garçon, grand-mère de sept petits-enfants, elle
a publié de nombreux Essais Philosophiques avant de se tourner vers
la fiction et la mythologie. Son premier roman, l'Egyptienne, qui date
de 1975, a paru au Mercure de France, à Paris. Elle a obtenu deux
fois le prix de la Société des Ecrivains de Genève.
Fawzia Assaad
Photo: Fadiah Haller-Assaad
Par ailleurs, son
engagement est double, social et littéraire. Elle représente PEN
International à la Commission des Droits de l'Homme pour la défense
de la liberté d'expression, et fait partie des comités
d'organisation et de sélection d'une Résidence d'Ecrivains au Château
de Lavigny, située dans le canton de Vaud, en Suisse.
Soren
Kierkegaard, Père de l'Existentialisme, Le Caire, Dar-el-Maaref,
1960Concerne l'absence de vérité absolue et le recours à l'intensité
de la foi en matière d'expérience religieuse.
En
français:
Essais
Philosophiques dans la Revue de Métaphysique et de Morale de
1962 à 1973 Traitent des différentes interprétations de la
philosophie de Nietzsche.
L'auteur cherche à
montrer le rôle de l'intertextualité et de l'interprétation dans la
création philosophique. Partant d'un texte unique, en l'occurence
celui de Nietzsche, nombre de philosophes ont abouti à des pensées
différentes, tout en demeurant fidèles à ce texte.
Cette nouvelle
approche philosophique a été présentée en Sorbonne sous le titre:
Nietzsche
et ses Interprètes: Le Jeu des Formes en Philosophie, Bulletin
de la Société Française de Philosophie, séance du 22 mars 1969
Les
Préfigurations Egyptiennes de la Pensée de Nietzsche, L'Age d'Homme,
Lausanne, Suisse1986
Où la mythologie de
l'ancienne Egypte et l'oeuvre de Nietzsche présentent une imagerie étrangement
semblables.
A travers ses
multiples lectures de Nietzsche, Fawzia Assaad a été frappée par
une imagerie en tout point semblable à celle de l'ancienne Egypte.
Elle a alors entrepris de longues études d'Egyptologie pour apprendre
àdéchiffrer les hiéroglyphes et aller à la source de leur sens.
Photo: Fakhry Assaad
Ironiquement, elle
trouvera chez Heidegger, qui nie l'existence de toute philosophie
avant le temps des Grecs, la clé d'une double interprétation:
Nietzsche interprétant
la pensée de l'ancienne Egypte, l'ancienne Egypte interprétant
Nietzsche à travers ses mythes.
Freud
et les Mythes Egyptiens, dans Mythes et Psychanalyse, In-Press,
Paris, 1997, Actes du Colloque de Cerisy-la-Salle.
Où l'interprétation
que donne Freud des Mythes Egyptiens s'inspire d'une structure de pensée
proprement biblique.
Romans
L'Egyptienne,
Mercure de France, Paris, 1975
Traduction arabe,
Dar-el-Maaref, Le Caire, 1997
Layla Traduction anglaise Red Sea Press 2004
Roman, en partie
autobiographique, d'une copte chrétienne à travers le temps de
l'occupation anglaise et de la guerre israëlo-arabe, imbriqué dans
les vies d'autres femmes de cultures et de milieux différents.
Les
images d'une Egypte éternelle se retrouvent dans e quotidien vécu
et se perpétue le mythe des Frères Ennemis à travers les
guerres du Moyen-Orient racontées avec l'humour propre aux
Egyptiens, cet art de la nokta, l'histoire pour rire qui leur a
permis de survivre à toutes les occupations.
Des
Enfants et des Chats P.M.Favre, Lausanne, Suisse, février 1987
Histoire de guerre
entre deux frères jumeaux dont les âmes se transforment en chats
errants durant leur sommeil. Histoire de guerre entre l'Egypte et Israël.
Photo: Fakhry Assaad
Un sultan est à la
recherche d'un vizir. Il en informe le peuple de son vaste empire.
Quiconque sera capable de porter un sac de rats de Basra à Bagdad
deviendra vizir annonce le crieur public. Tâche impossible. Les rats
ont vite fait de ronger le sac et de s'enfuir. Tous sauf un échouent
.
Tu seras mon vizir,
lui dit le sultan. Mais explique d'abord comment tu t'y es pris.
Facile, a dit l'homme. Je vais mon chemin, jusqu'à ce que les rats
s'apprêtent à sortir. Alors je secoue fortement le sac . Les rats,
enfermés dans l'obscurité, s'accusent l'un l'autre, se mordent, se
battent. Quand le calme revient , je secoue à nouveau le sac et je
recommence, tout au long du chemin, aussitôt que je les devine en
train de s'organiser pour sortir au jour.
Dans cette saga
d'une famille musulmane, l'histoire sert de fond àla guerre israëlo-arabe.
Ecrite 10 ans après l'Egyptienne qui raconte une saga de famille chrétienne,
elle met l'accent sur la similitude des structures familiales
musulmanes et chrétiennes et jette une lumière nouvelle sur les
guerres du Moyen Orient.
Les jeunes héros de
la saga sont des jumeaux qui n'en finissent pas de se quereller. Une
croyance populaire dit que pendant le sommeil, les âmes des jumeaux
se métamorphosent en chats errants. Faire du mal aux chats serait
faire du mal aux jumeaux eux-mêmes. En ancienne Egypte les chats étaient
vénérés pour leur pouvoir de capter les lumières dans l'obscurité.
Ces jumeaux seront-ils plus clairvoyants que les rats du vizir? Perpétueront-ils
ce mythe des Frères Ennemis?
La
Grande Maison de Louxor. L'Harmattan, Paris, Avril 1992
Photo: Francis
Haller
Dans le palais qui
borde le temple de Louxor un vieux pacha et sa fille abritent une précieuse
collection d'antiquités et souffrent de voir leur héritage culturel
menacé par le Haut-Barrage, le tourisme de masse, les guerres, le
terrorisme, davantage encore par la simple ignorance.
La grande maison est
la traduction arabe de l'égyptien per aa, pharaon. La famille qui
habite cette grande maison proche du temple de Louxor abriteune grande
famille copte chrétienne dont le descendant, un pacha du tempsdu roi
Farouk, s'est passionné pour l'art de son pays.
De l'autre côté du
Nil, face à la grande maison, est le temple deHatshepsout, cette
femme Pharaon de la XVIIIème dynastie. Le pacha, quinourrit une
grande ambition pour sa fille cadette, caresse l'idée de lavoir
devenir une nouvelle Hatshepsout. Elle porte le nom de Sawsan, traduction
arabe de Suzanne et de l'égyptien Seshen, cette fleur de lotus
autrefois divinisée parce qu'elle s'ouvre avec le jour et semble
donner naissance au soleil. L'auteur qui s'identifie à Sawsan, suit
le tracé de sa vie du temps de la montée en gloire de la grande
famille, àtravers la Révolution et les guerres israëlo-arabes. A
cause de sa notoriété, le pacha de Louxor a été considéré comme
un ennemi du peuple. Il avait rassemblé une belle collection
d'oeuvres d'art. Personne ne sait encore ce qu'il en est advenu.
Hatchepsout
ressuscitée par une féministe.
HATSHEPSOUT
Femme Pharaon
Librairie Orientaliste Paul Geuthner 2000 (2,
rue Vavin, 75006 Paris ) . Préface de Michel Butor.
Traduction arabe 2003
Maakarê Hatchepsout
(1504-1484). Un simple nom sur la longue liste dynastique des rois de
l'Egypte ancienne ? Sûrement pas, c'est une femme et elles ne sont
pas légion les reines qui sont devenues de vrais pharaons.
Hatchepsout est sans doute la seule même si la galerie royale
comprend des personnages féminins de haute stature, Néfertiti, Néfertari
et autres. En plus on a essayé, semble-t-il, d'effacer des tablettes
tout ce qui concerne le règne de celle qui fit construire le célèbre
temple de Deir Al-Bahari et qui a mené les célèbres expéditions
dans le pays de Pount. C'est ce point de vue que développe Fawzia
Assaad dans son livre Hatchepsout, femme pharaon. Fawzia Assaad
est docteur ès lettres en Sorbonne. Elle enseignait la philosophie à
l'Université d'Aïn-Chams, puis à Taipeh et à Dunghai. Romancière,
elle représente le PEN International à la commission des droits de
l'homme pour la défense des écrivains en prison. C'est en féministe
qu'elle parle de Hatchepsout, dont on a tenté d'effacer la mémoire,
partageant ainsi le sort d'Akhenaton, l'un des rares rois dont a voulu
priver de tout y compris en faisant planer le doute sur son sexe, écrit-elle.
L'auteur remonte tout à fait à la source de la religion égyptienne
et de l'histoire pour expliquer son point de vue. Pourtant,
Hatchepsout remonte à une ascendance matriarcale la liant à des
femmes qui ont fait l'objet d'une véritable vénération populaire
lors de la 18e dynastie. « Une vénération qui semble caractériser
ce temps de libération (...) Le roi est longtemps absent. La reine
fait face, unifie le pays ». Le livre est intéressant dans la
mesure où il fait une synthèse de l'histoire et des croyances égyptiennes.
A rebours Fawzia Assaad tente de sortir la reine de l'oubli ou surtout
de s'expliquer les causes de sa disparition pour des millénaires.
Elle fait oeuvre d'archéologue. Et on découvre un personnage royal
très important. « Malgré l'acharnement de l'Histoire à faire
disparaître jusqu'à sa momie, Hatchepsout ressuscite ». Un
retour à la vie qui, quand même, ne nous livre pas un personnage en
chair et en os, mais plutôt une figure quasi hiératique, une reine
... une déesse.
"Ahlam et les Eboueurs du Caire"
editions de l'Hèbe (Ahlam and the Garbage Collectors of Cairo)
Temps
datée du 14 août 2004, Marion Graf a écrit:
Sous forme romanesque et foisonnante, la philosophe Fawzia Assaad
propose ici la chronique de plusieurs décennies de lutte des
éboueurs du Caire. Pour ces parias, paysans chrétiens qui ont fui la
misère de la campagne dans les détritus de la capitale, il s'agit
d'abord de survie, mais aussi d'alphabétisation, d'émancipation des
femmes, de contrôle des naissances, de réseaux de solidarité, de
gestion avisée des ressources. Bref, de développement à long terme.
Porchers, chiffonniers, maîtres en recyclage, ils combattent pied à
pied, assistés par des soeurs catholiques, puis forts du soutien
d'organisations internationales, les bulldozers, les expropriations,
la pollution, un urbanisme anarchique qui ne cesse de les renvoyer
au désert. Une figure de femme sert de fil conducteur au récit:
Ahlam, mère de trois filles: "On lui conseillait de se faire plus
douce, de ne pas agresser son mari, mais Ahlam est une forte tête.
Femme battue plutôt que femme soumise. Elle enquêtait, Elle exigeait.
Elle provoquait. Tant pis, Tant mieux." Un récit sans happy end,
certes, mais un témoignage engagé, où triomphent le courage et la
vie.
Contributions
à des oeuvres collectives.
Butor
l'Egyptien dans Butor aux Quatre Vents, Jose Corti, Paris
1997
Pour célébrer son
soixante dixième anniversaire, cette chasse aux réminiscences égyptiennes
dans l'oeuvre romanesque de Michel Butor. Car avant de devenir célèbre,
Michel Butor avait enseigné le français à Minieh, en Haute-Egypte.
. .
Dans Revue de
Psychologie de la Motivation , Cercle d'Etudes Paul Diel, 2ème
semestre 1998
L'Ignorance
de l'Autre- Réflexions d'une Egyptienne
Dans Mythes et
Psychanalyse, In-Press, Paris 1997, Actes du Colloque de Cerisy-la-Salle:
Freud
et les Mythes Egyptiens.
Pour l'Organisation
Mondiale de la Santé,
Une
étude sur la Mutilation Sexuelle des femmes paru dans les
langues officielles des Nations Unies dans World Health Forum, An
International Journal of Health Development, 1982, Vol. 3, No 4
Et le récit d'une
vie de fille d'éboueurs: AHLAM , Rêves,
Dans Edge of Awareness, paru dans le catalogue du
cinquantenaire de l'OMS en 1998.
Publié en éditions
bilingues, français-anglais, anglais-espagnol
Pharaons
Heretiques
Aton est-il dieu, roi, concept métaphysique?
Akhenaton, premier monothéiste ou premier déicide de l'histoire?
Vaincu ou vainqueur d'une longue guerre contre le clergé d'Amon?
La pensée amarnienne se greffe-t-elle sur celle d'Hatshepsout?
Par touches successives, suivant l'évolution de la pensée
amarnienne, l'auteure interroge les faits historiques et les mythes
fondateurs du pouvoir pharaonique pour aborder ces questions et
d'autres encore.
Hatshepsout, Akhenaton et Nefertiti, stratèges et philosophes
avant la lettre présentent une épure favorable à cette recherche qui
veut se dégager du langage religieux et situer la pensée égyptienne
au fondement de la pensée occidentale.
Un essai à la fois très personnel et très informé.